Une lecture du marché de la propreté à destination des dirigeants : dynamique de consolidation, acquéreurs actifs et opérations récentes du secteur.
Ces chiffres couvrent l'ensemble de la filière propreté, du nettoyage courant de bureaux aux prestations industrielles spécialisées. Le nettoyage courant, principalement tertiaire, en forme la majeure partie : plus de 80 % du marché de la propreté aux entreprises. Le nettoyage industriel et spécialisé, qu'il s'agisse d'agroalimentaire, de pharmacie, de salles blanches ou de logistique, constitue un segment plus petit mais à plus forte marge et à barrières d'entrée plus élevées.2
La valeur d'une entreprise de propreté repose avant tout sur ses contrats récurrents. Un contrat de nettoyage de bureaux ou de site industriel est signé pour un à trois ans, avec tacite reconduction, et facturé chaque mois. Le chiffre d'affaires est régulier et peu sensible aux cycles courts. Un acquéreur examine donc en priorité la part récurrente du chiffre d'affaires, davantage que la marge.
L'activité de travaux et de prestations ponctuelles, comme la remise en état, la vitrerie en hauteur ou l'intervention après sinistre, reste plus volatile et dépend de la prospection commerciale. La capacité à recruter et fidéliser des agents et des superviseurs constitue le second facteur regardé : dans un métier où la masse salariale représente environ 80 % du chiffre d'affaires, une équipe stable est devenue un actif à part entière.3
La consolidation du secteur s'explique par quatre facteurs.
Une demande structurelle. L'externalisation progresse : 72 % des besoins de propreté des clients étaient externalisés en 2024, une part qui pourrait atteindre 76 % d'ici 2029. Le nettoyage courant représente plus de 80 % du marché de la propreté aux entreprises, ce qui assure à un acquéreur une base de chiffre d'affaires récurrente et prévisible.2
Un marché fragmenté. Près de 15 000 entreprises interviennent sur des territoires distincts, et 92 % d'entre elles comptent moins de 50 salariés. Un groupe peut croître rapidement par acquisitions successives, en ajoutant à chaque opération un portefeuille de contrats et une implantation locale.2
L'entrée de capitaux et de grands acteurs. Le mouvement est devenu national. Onet a repris les activités de propreté, de facility management et de logistique d'ISS en France en avril 2024, intégrant 14 000 salariés et portant le groupe à environ 2,3 Md€ de chiffre d'affaires.4 Samsic a triplé son chiffre d'affaires en trois ans, par une dizaine d'acquisitions en France et à l'étranger.3 Des fonds d'investissement accompagnent désormais des plateformes de consolidation. À l'inverse, Atalian, troisième acteur français, étudie une cession de tout ou partie de ses activités, signe d'un marché où des actifs importants changent de périmètre.5
La transmission des dirigeants. L'âge moyen des entreprises de propreté est de 6,6 ans, et seulement un quart d'entre elles ont plus de dix ans. De nombreux dirigeants de sociétés établies abordent leur transmission au moment où les acquéreurs disposent de capacités de financement importantes.3
La récurrence et la transmissibilité de votre activité reposent sur un cadre conventionnel et des agréments précis. Un acquéreur s'assure que vos contrats et vos certifications se transmettent sans rupture. Voici les principaux points qu'il examine.
Ces agréments font partie de ce qu'acquiert le repreneur. Ils sont longs à obtenir et le sécurisent. Une entreprise certifiée sur ses marchés se valorise à un niveau supérieur ; une entreprise qui sert l'industrie sans MASE sait que l'acheteur devra investir douze à dix-huit mois pour l'obtenir, le temps pendant lequel des contrats peuvent être perdus.6
Les profils d'acquéreurs diffèrent. Identifier celui qui pourrait s'intéresser à votre entreprise est déterminant dans une négociation. À l'échelle d'une PME, les plateformes régionales sont souvent les interlocuteurs les plus naturels.
Environ 1,01 Md€ de chiffre d'affaires en propreté en France. Le groupe a triplé son chiffre d'affaires en trois ans et multiplie les acquisitions régionales, notamment la fusion avec Pro Impec en France.35
Recherche : de la proximité client, une couverture nationale des services et un développement international.
Premier groupe français de propreté, avec environ 1,35 Md€ de chiffre d'affaires sur cette activité. La reprise des activités d'ISS en France en 2024 a ajouté 14 000 salariés et porté le chiffre d'affaires du groupe, tous services confondus, à environ 2,3 Md€. Acteur de référence sur les grands comptes et le facility management.45
Recherche : des renforts ciblés de couverture et de compétences, après une phase d'intégration d'ampleur.
Des groupes en build-up rachètent des sociétés régionales pour densifier leur maillage. NSI Groupe a réalisé plusieurs acquisitions en 2025 (JLP Services, Thiebat, GPNI) et repris RM Propreté début 2026. EMN a enchaîné Morel Entretien Immeubles, MP Rea, Simeli et Solynet, cinquième opération de l'année et vingt-cinquième depuis sa création. Engelis a repris Sol-Net.2
Recherchent : des portefeuilles de contrats récurrents sur un territoire, pour ajouter de la densité et des effectifs encadrés.
Face à la pression sur les marges du nettoyage standard, des acteurs visent les segments réglementés et récurrents. Puissance 5 (environ 67 M€) a repris Novasol, à dominante santé ; NIKITA a repris MPH NET pour sécuriser un portefeuille récurrent ; Elior Santé a repris Nouvelle Victoria. GSF est adossé au fonds TowerBrook.3
Recherchent : des portefeuilles à faible attrition, des certifications sectorielles et une exposition aux marchés résilients comme la santé. Points de vigilance : la dépendance au dirigeant et la lisibilité des comptes.
Opérations rendues publiques en 2024-2026, retenues à l'échelle d'une PME du secteur. Les montants sont rarement communiqués, ce qui est usuel sur ce marché. La taille des cibles, elle, est souvent publique : elle montre que les consolidateurs rachètent surtout des entreprises de 1,5 à 7 M€ de chiffre d'affaires.
| Acquéreur | Cible | Métier & taille | Date | Montant |
|---|---|---|---|---|
| NSI Groupe | Thiebat | Entretien d'immeubles & bureaux de standing · 6,6 M€ de CA (2024) · Île-de-France | 2025 | Non communiqué10 |
| NSI Groupe | JLP Services | Nettoyage agroalimentaire · 4,75 M€ de CA (2024) · Île-de-France | 2025 | Non communiqué10 |
| NSI Groupe | RM Propreté | Propreté · 1,8 M€ de CA, ≈ 100 salariés · Rouen | Début 2026 | Non communiqué10 |
| EMN | Solynet | Entretien de bureaux · ≈ 2 M€ de CA · Lyon | 2025 | Non communiqué10 |
| Engelis | Sol-Net | Propreté de copropriétés · 1,6 M€ de CA, 27 salariés · Perpignan | 2025 | Non communiqué10 |
| Elior Santé | Nouvelle Victoria | Nettoyage santé, logement & distribution · 7,2 M€ de CA, 250 salariés · région lyonnaise | 2025 | Non communiqué10 |
| NIKITA | MPH NET | Nettoyage courant récurrent · syndics & entreprises · Paris | 2025 | Non communiqué10 |
« Non communiqué » : montant non rendu public par les parties. Aucun chiffre n'est estimé. Tailles indiquées lorsqu'elles sont publiques.
À chiffre d'affaires comparable, deux entreprises ne se valorisent pas au même niveau. Les leviers suivants sont valorisés par les acquéreurs et peuvent être travaillés en amont d'une cession.6
Les multiples de valorisation observés dans les services de nettoyage aux entreprises se situent dans une fourchette de 4 à 8 fois l'EBE retraité, avec une médiane autour de 5 à 6 fois pour les PME du secteur. Le multiple retenu dépend du profil de l'entreprise.68
Pour situer votre entreprise, lire en miroir les attributs qui tirent vers le haut et leur pendant qui tire vers le bas :
| Critère | Tire vers le haut | Tire vers le bas |
|---|---|---|
| Récurrence du CA | > 80 % en contrats mensualisés multi-sites | < 40 %, activité de remise en état ou vitrerie au coup par coup |
| Concentration client | Aucun client au-delà de 15 % du CA | Un client à 30-40 % du CA |
| Encadrement | Équipe d'exploitation autonome, relation client déléguée | Tout repose sur le dirigeant |
| Certifications | MASE, agréments alimentaires, ISO 9001 / 14001, Qualipropre à jour | Agréments absents ou à renouveler |
| Différenciation | Bionettoyage hospitalier, salles blanches, nucléaire (CEFRI), 3D | Bureaux et tertiaire banalisés, remis en concurrence régulièrement |
| Maillage | Multi-agences, couverture nationale ou inter-régionale | Mono-site, exposition régionale |
| Comptes | Normalisés, séparation récurrent / travaux, retraitements faits | Mêlés à la rémunération, aux véhicules et à l'immobilier |
Pour situer un ordre de grandeur sur votre propre EBE, en croisant votre profil :
| EBE retraité | Profil standard (4 à 5×) | Profil premium (6 à 8×) |
|---|---|---|
| 500 k€ | 2,0 à 2,5 M€ | 3,0 à 4,0 M€ |
| 750 k€ | 3,0 à 3,75 M€ | 4,5 à 6,0 M€ |
| 1 M€ | 4,0 à 5,0 M€ | 6,0 à 8,0 M€ |
| 2 M€ | 8,0 à 10,0 M€ | 12,0 à 16,0 M€ |
La valorisation se prépare douze à vingt-quatre mois avant l'opération. Les principaux chantiers :
Smart Partners accompagne des dirigeants de propreté dans des marchés qui se consolident, où la valeur repose sur les contrats récurrents et où la transmission se prépare en amont. Une opération récente illustre la logique.
Acteur majeur du nettoyage industriel et tertiaire dans le Sud-Ouest, de Bordeaux à Montpellier, via 8 agences et 300 collaborateurs. Repris en 2013 par Marcel Checiak alors que la société était en redressement judiciaire, puis développé en organique et par croissance externe. En l'absence de repreneur familial, le dirigeant souhaitait pérenniser l'activité et les emplois. Smart Partners a mené un processus de cession concurrentiel et confidentiel auprès d'une sélection limitée d'acquéreurs, conclu avec STEM Groupe, acteur familial et national du nettoyage.9
« Smart Partners a réussi à agréger les volontés de nos deux sociétés pour conclure un accord. Je suis confiant dans l'ambition du groupe STEM à poursuivre la croissance de l'entreprise Triangle Propreté. » — Marcel Checiak, actionnaire majoritaire et dirigeant
Smart Partners réalise, à titre confidentiel :
Cession · acquisition · financement · transactions de 5 à 100 M€ · sans engagement